Rapport sur la transition écologique dans la filière parfums et cosmétiques : 11 recommandations à retenir

L’industrie cosmétique est en passe de vivre une véritable révolution dans sa façon d’appréhender et de concevoir la fabrication d’un produit de beauté.
Le rapport sur la transition écologique dans la filière parfums et cosmétiques offre un état des lieux de l’impact sur l’environnement et la santé humaine des cosmétiques. Le constat est sans appel et une feuille de route contenant 11 axes de travail a été établie. Kisaco a analysé pour vous le rapport et vous livre les principales conclusions.

Impact environnemental de la filière cosmétique et parfumerie
Crédit : Bee naturalles - Unsplash

Quels problèmes rencontre l’industrie cosmétique d’un point de vue environnemental ?

Le premier rapport de synthèse officiel sur la filière cosmétiques et parfums

Face à l’impact environnemental des parfums et produits de soins, de beauté et d’hygiène, un rapport sur la transition écologique de la filière parfums et cosmétiques a été publié en février 2022. Il s’adresse aux ministres de la transition écologique, aux industriels et aux entreprises du secteur.

Ce rapport est le fruit de la mission collaborative d’inspecteurs de l’administration du développement durable, d’ingénieurs et d’entreprises privées qui s’engagent pour réduire l’impact de la filière, telles que Kisaco.

Un constat de méconnaissance des impacts

La mission a mis en évidence une méconnaissance des impacts environnementaux des produits cosmétiques. L’industrie cosmétique représenterait de 0,5 à 1,5 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. En l’absence d’informations précises, ce chiffre semble sous-évalué.

Les industriels cosmétiques portent principalement leurs actions sur la recherche de produits naturels ou bio.

L’écotoxicité est rarement prise en compte, car même la base de données la plus fiable qu’est EcoInvent ne concerne qu’une fraction de substances.

Dans un objectif de réduction des déchets et des coûts, les emballages font l’objet de nombreuses actions, tandis que peu d’efforts sont menés sur la formulation des produits en tant que telle.

Kisaco a été consulté afin de fournir des chiffres sur l’impact de la phase utilisation des cosmétiques à rincer en matière d’émission de gaz à effet de serre.

Pour estimer correctement l’impact d’un cosmétique sur l’intégralité de son cycle de vie, des recherches complémentaires s’imposent d’urgence.

Un manque de moyens pour évaluer les impacts environnementaux des cosmétiques

Pour évaluer l’impact d’un produit, il faut savoir quoi analyser. La mission est formelle dans son rapport : aujourd’hui, seules les grandes entreprises disposent des moyens techniques et financiers nécessaires pour réaliser des analyses pertinentes du cycle de vie (ACV) de leurs produits.

Sans ces études, une optimisation des différentes étapes de conception reste aléatoire.

Un effort est donc demandé aux petites et moyennes entreprises de se former à ses enjeux pour :

   –  Optimiser leur process

   –  Réduire leur impact environnemental

   –  À terme, réaliser des économies tout en prenant soin de la santé de leurs clients

analyse-composition-cosmetique
Crédit : Bee Naturalles, Unsplash

Pourquoi l’industrie cosmétique peine-t-elle à réduire son impact sur l’environnement ?

L’incohérence réglementaire

Faute de temps, de moyens et de connaissances, l’industrie cosmétique peine et tarde à réduire son impact.

Toutefois, les différentes législations en vigueur ne rendent pas cette tâche plus simple en raison de leur complexité d’interprétation, leur niveau de confusion et parfois leur opposition.

Par exemple, l’analyse juridique de la mission relève que :

   –  Le règlement (CE) n° 1223/2009 du 30 novembre 2009 relatif aux produits cosmétiques ne traite pas directement leurs impacts environnementaux

   –  L’application du règlement n° 1009/2006 du 18 décembre 2006 concernant l’enregistrement, l’évaluation et l’autorisation des substances chimiques (REACH) est difficile à mettre en œuvre et s’articule mal avec le règlement précédent

   –  Le règlement n° 1272/2008 du 16 décembre 2008 relatif à la classification, à l’étiquetage et à l’emballage des substances et des mélanges (CLP) impose d’étiqueter de manière appropriée les substances chimiques dangereuses pour la santé ou l’environnement, mais ne concerne pas les cosmétiques !

   –  La définition des nanomatériaux varie d’un règlement européen à l’autre, rendant difficile leur identification claire

   –  Etc.

Afin de faciliter la compréhension de la réglementation française et européenne en vigueur, le rapport de la mission indique que les autorités françaises doivent se concerter pour améliorer la lisibilité et la cohérence des textes, et notamment intégrer les produits cosmétiques à la réglementation sur les produits chimiques.

La multiplicité des labels et pseudolabels

Les labels cosmétiques ont pour objectifs de faciliter l’étiquetage et l’information des consommateurs.

À la vue d’un label spécifique, ils comprennent immédiatement que le cosmétique :

   –  Contient au moins 95 % d’ingrédients d’origine naturelle avec le label EcoCert

   –  Est bio avec le label de la charte Cosmebio

   –  Est naturel selon le cahier des charges COSMOS

En tant qu’entreprise cosmétique, obtenir une certification démontre à vos clients vos engagements environnementaux, la qualité de vos produits et leur innocuité sur la santé.

Toutefois, de nombreux indices et labels voient le jour sous l’impulsion de marques ou de consortium de marques. Le nombre d’indicateurs atteint parfois une vingtaine avec la prise en compte d’une dimension sociétale qui fait défaut aux analyses de cycle de vie.

Le rapport met en garde contre ces pseudo-labels développés par les marques, citant « Skin Protect Ocean Respect » ou « Formule Plus Respectueuse du Milieu Marin ». En effet, selon lui, ces pseudolabels peuvent induire vos clients en erreur et peuvent vous faire accuser de greenwashing.

L’obtention d’un label reconnu nécessite une analyse stricte du cycle de vie d’un produit et un protocole précis à respecter.

La pression du public

La pression du public sur les entreprises cosmétiques est forte. Les consommateurs veulent des réponses et des garanties. Ils exigent des produits leur offrant des résultats rapides tout en étant inoffensifs pour la planète et leur santé.

L’enjeu des entreprises se trouve dans plusieurs axes de travail :

   –  Analyse du cycle de vie des produits

   –  Amélioration des process

   –  Obtention des labels

Le respect d’un budget et d’un planning serrés ajoute une difficulté à ce défi.

Impact environnemental de la cosmétique
Crédit : Amplitude Magazin, Unsplash

Quelles sont les 11 principales recommandations du rapport sur la transition écologique de la filière parfums et cosmétiques ?

Au sein des 87 pages du rapport sur la transition écologique de la filière parfums et cosmétiques, la mission a établi une liste de constats qui mènent à définir des recommandations adressées aux entreprises cosmétiques.

Ces 11 axes d’amélioration visent à orienter les industriels, les laboratoires et les entreprises dans leur transition écologique pour offrir aux consommateurs des produits transparents, dont l’impact sur la planète est réduit.

1.  Mettre en place un plan de réduction des GES liés au transport pour une industrie cosmétique très exportatrice

2.  Multiplier les expérimentations de vente en vrac et en dresser le bilan

3.  Poursuivre les actions visant à diminuer l’eau dans les formules et les processus de fabrication

4.  Améliorer la traçabilité des ingrédients avec huile de palme ou de palmiste et éventuellement interdire l’importation de produits issus de la déforestation

5.  Accélérer la mise en place d’actions de transition écologique dans les points de vente

6.  Améliorer la connaissance des impacts environnementaux en mettant en place en 2022 un programme d’analyse du cycle de vie ambitieux dans le cadre du comité de filières

7.  Faire aboutir les propositions visant à améliorer l’articulation entre les règlements cosmétiques français et européens

8.  Promouvoir et développer le recours à l’Écolabel et sensibiliser au risque de greenwashing avec l’utilisation des pseudolabels

9.  Mettre en place une gouvernance pour s’assurer du développement des projets en matière d’autorité environnementale en lien avec le consortium international

10.  Constituer avec l’ADEME un pilotage des travaux liés à l’autorité environnementale et à la mise en place d’une base de données solide et utilisable par tous

11.  Informer davantage le consommateur sur les pratiques permettant de réduire son impact en phase utilisation, notamment concernant les produits avec rinçage

Ambitieuses, mais réalistes et indispensables, ces recommandations doivent devenir une véritable feuille de route pour la filière.

Impact environnemental de la cosmétique et impact sur la santé
Crédit : Louis Blythe, Unsplash

Comment les outils d’évaluation de l’impact environnemental peuvent-ils aider les industriels des cosmétiques ?

Des outils de calcul imparfaits

Des outils existent pour :

   –  Accompagner les entreprises de l’industrie cosmétique dans leur compréhension des impacts des nombreux ingrédients utilisés

   –  Permettre à chaque entreprise d’évaluer chaque produit

Ces outils peuvent être utilisés conjointement par tous les membres de la filière cosmétiques et parfums, et au cas par cas pour chaque entreprise selon ses besoins.

L’ADEME a inventorié une liste de 14 indicateurs permettant d’évaluer de façon relativement exhaustive l’impact du cycle de vie d’un produit : acidification, changement climatique, eutrophisation, émission de particules, utilisation de ressources fossiles, etc.

Les règles de calcul permettent d’obtenir en général l’impact environnemental d’un produit, son empreinte carbone et son empreinte eau. La combinaison de ces indicateurs renvoie ensuite une note de A à E. L’objectif final de la démarche consiste à améliorer l’affichage sur les emballages cosmétiques pour informer lisiblement et facilement le consommateur.

Kisaco a constaté à l’instar des conclusions du rapport sur la transition écologique dans la filière parfums et cosmétiques qu’aucun outil ne considérait tous les points d’impact potentiels sur la santé, l’économie et l’environnement.

Pour gagner en pertinence, les outils doivent prendre en compte l’intégralité du cycle de vie d’un produit :

   –  Fabrication

   –  Transport

   –  Utilisation

   –  Fin de vie

L’outil d’évaluation des cosmétiques conçu par Kisaco a pour objectif de répondre à ce besoin.

La création d’un outil commun et complet

Ainsi, le rapport de la mission valorise et salue l’initiative de création du consortium international Eco Beauty Score né à l’automne 2021. Un prototype d’outil de notation sectoriel de l’impact environnemental des produits de beauté est attendu pour fin 2022 avec de premières expérimentations dès la fin 2023.

Toutefois, cette conclusion ne prend malheureusement pas en compte l’ensemble des paramètres qui intéressent les consommateurs et auxquels nous sommes sensibles  chez Kisaco. Le ministère encourage ainsi un processus louable, mais limité qu’il convient de compléter au plus vite pour obtenir un outil commun et complet.

Kisaco est une structure indépendante d’un réseau de marques. Sans parti pris, notre outil se veut global et prend en compte l’ensemble des impacts environnementaux, économiques et sociaux qui doivent impérativement être quantifiés.

La transition écologique dans la filière cosmétique est en passe de prendre un nouveau tournant. Les entreprises comprennent que la beauté et le bien-être ne peuvent justifier de sacrifier l’environnement ou la santé humaine. Découvrez comment Kisaco s’engage jour après jour pour contribuer à la mise en place de ces changements et permettre une évolution dans la façon de concevoir les cosmétiques.

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